Suite à l'épidémie actuelle du virus Covid-19, les Journées Francophones de sexologie et de santé sexuelle sont reportées du 1er au 3 juillet.
Mireille Bonierbale
Mireille Bonierbale
Patrice Lopes
Patrice Lopes

Chers amis, chers collègues

Le Pr Patrice Lopes, président d’honneur et le Dr Pierre Bondil, Président de l’AIUS, sont heureux de vous inviter aux premières Journées Francophones de Sexologie et Santé Sexuelle ; les JF3S 1.0. Après les deux reports liés à la pandémie de la COVID, nous allons enfin pouvoir nous retrouver à Nantes du 1er au 3 juillet 2021 sous l’égide de l’AIUS.

Nous comptons sur votre participation car ces retrouvailles sont particulières. Chez tous, l’envie est forte d’échanger enfin dans le monde réel. Nous le ferons dans le respect des mesures sanitaires, notamment grâce à des amphithéâtres bien dimensionnés aux règles de distanciation.

Le thème conducteur de nos JF3S, « Sexe et secret », rarement abordé, est à la fois, original et attractif.

Dire ou ne pas dire peut surprendre dans notre monde communiquant où le « sexe » est omniprésent. De fait, le secret fait partie intégrante de notre pratique quotidienne qu’il s’agisse du secret professionnel mais aussi, des non-dits de la consultation, des difficultés ou des maladies qu’on n’ose pas dévoiler. La libération de la parole sur les violences sexuelles et l’inceste montre que bien d’autres aspects de la vie intime sont concernés comme des imaginaires inavouables, des secrets de couple ou de filiation, des problèmes de genre et d’orientation sexuelle qu’on ne sait pas dire, des pratiques à risque… Faut-il parfois déroger au secret et si oui, comment ?

Les questions étant nombreuses, une approche multidisciplinaire sera privilégiée comme d’habitude, dans une ambiance alliant science, partage et convivialité à Nantes, ville au riche patrimoine architectural.

Nantes est une ville du Pays de Loire, le roi des fleuves et le fleuve des rois, au riche patrimoine architectural, lieu de naissance d’Anne de Bretagne qui on le sait grâce à ses mariages fut Archiduchesse d’Autriche, Reine des Romains et enfin Reine de France. Elle a fait preuve de réelles compétences pour permettre l’union de la Bretagne à la France. S’il vous reste un peu de temps, les châteaux de la Loire et leurs vins, feront le plaisir de votre week-end.

Cordialement à tous et rendez-vous aux JF3S.

Le comité scientifique, le comité d’organisation et le CA de l’AIUS

 

Le comité scientifique, le comité d’organisation local et le CA de l’AIUS

JF3S 2024, 21-23 mars à Marseille
Sexualités et situations de vulnérabilités : avancées et défis

Les JF3S 2024 s’inscrivent à nouveau dans la Stratégie Nationale de Santé Sexuelle (SNSS) 2017-2030, notamment son axe IV : « répondre aux besoins spécifiques des populations les plus vulnérables : maladies chroniques, vieillissement et situations d’handicaps » qui concerne des millions de français(e)s en attente souvent vaine, de réponses à leurs questions et/ou détresses, facteur d’entretien ou d’aggravation de leur(s) vulnérabilité(s) (1).

 

Pourquoi vulnérabilités et sexualités ?

Pouvant se définir comme une plus grande « potentialité à être blessé », la vulnérabilité renvoie à des caractéristiques sanitaires et/ou à des situations sociales multiples et inégales (tableau). Qu’elle soit structurelle, catégorielle et/ou contextuelle, son statut inhérent de fragilité/faiblesse réclame éthiquement aide et protection car il oblige à s’interroger à la fois, sur la prévention (risque d’être blessé) et les réponses soignantes (le fait d’être blessé) qui concernent potentiellement 50 millions de français(es), seul(e)s ou en couple1. Malheureusement, en termes de vécus et de besoins, la sexualité représente trop souvent une « double peine » du fait : a) d’une prévalence significativement plus élevée de dysfonctions sexuelles/intimes mais avec les mêmes impacts négatifs sur le bien-être et la santé non sexuelle (physique, mentale, sociale) à l’origine des mêmes insatisfactions, souffrances et solitudes, b) des iniquités et de la pauvreté des réponses tout au long de leurs parcours de soins et de vie, liées à l’ignorance, à l’inertie et aux tabous/idées reçues. Pourtant, quoique la sexualité soit facultative, les personnes vulnérables ont les mêmes droits de bénéficier d’une vie intime/sexuelle satisfaisante. Dans la vraie vie, presque tous sont intéressés au minimum par des informations et deux tiers environ par un traitement, la sexualité étant pour eux, une source de plaisirs et de bien-être ainsi qu’un facteur de lien social et de résilience1. Facteur aggravant, la santé sexuelle et la vie intime peuvent être par elles-mêmes, sources de vulnérabilité en cas de dysfonctionnements biologiques (d’origine iatrogène ou non), de difficultés psychosociales ou environnementales, de stéréotypes sociétaux, de manque de savoirs, etc.

 

Situation de vulnérabilité1 Nombre en millions1
Maladies chroniques non transmissibles 2 > 24
Maladies chroniques transmissibles 2 1
Cancer 2 3.8
Troubles de la santé mentale 2 13
Handicaps(s) 2 3,8
Ainés > 65 ans 2 14
Adolescents 2 4
Femmes ménopausées 3 14
Obésité 4 8,5
Douleurs chroniques 2 23
Troubles du sommeil 2 9
Précarité 2 9
Minorités sexuelles 5 6,6
Violences sexuelles 2 10

1 sans tenir compte des partenaires,
2 données Insee 2021, Drees 2022 et Santé Publique France 2022,
3 Trémollières 2022,
4 estimation d’après Fontbonne 2023 (étude Obépi-Roche),
5 estimation d’après l’enquête Ipsos LGBT+ Pride 2023 Globale.

 

Quels sont les défis actuels ?

Répondre aux besoins non satisfaits, lutter contre les iniquités et inégalités, prévenir ou corriger les dysfonctions sexuelles/intimes, sensibiliser l’ensemble des professionnels à l’importance médicale de la santé sexuelle et à sa promotion, s’approprier et partager les savoirs expérientiels des populations vulnérables sont autant de défis et de priorités contemporaines de santé publique (2). La SNSS 2017-2030 a été une première réponse. En l’officialisant « priorité nationale de santé publique », la santé sexuelle est devenue l’affaire de tous. L’AIUS, membre de son comité de pilotage, s’est beaucoup investie dans son axe IV en proposant un plan en 8 axes stratégiques (1). La santé sexuelle, levier important de préservation ou d’amélioration de la santé globale et du bien-être, doit désormais faire partie intégrante :
a) de la pratique clinique routinière, notamment des très nombreux professionnels s’occupant de personnes vulnérables et/ou de la santé de la femme,
b) du bilan de prévention systématique aux trois âges clés (25, 45 et 65 ans).

 

Que conclure ?

Les JF3S offriront l’opportunité de : a) décoder les connexions multi et interdisciplinaires entre vulnérabilités et sexualités, mal connues des professionnels de santé, b) mieux connaitre les actions proposées par l’Aius pour répondre aux demandes hétérogènes et à la souffrance de millions de personnes, et leur éviter un ressenti de « misère sexuelle et affective ». 25 ans après la révolution induite par la fameuse « pilule bleue », le monde de la santé doit enfin s’approprier dans la routine clinique, les deux déterminants majeurs de bien-être et de santé globale que sont la santé sexuelle et la vie intime/sexuelle. Le but affiché de la SNSS (« assurer un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social lié à la sexualité de la naissance à la vieillesse pour l’ensemble de la population ») s’inscrit dans un processus de bientraitance d’autant plus indispensable que ce care ou « prendre soin » s’adresse à des personnes ou populations en situation de vulnérabilité(s).

 

Pierre Bondil *, Florence Bretelle**, Aurélie Maquigneau**

  • Bondil P : Acteurs en santé sexuelle : pourquoi s’en préoccuper, pourquoi tous ensemble et qui fait quoi. Mise au point de l’association AIUS (première partie). Sexologies 2023 ; 32(1) : 65-77.
  • SNSS 2017-2030, Ma santé 2022, Stratégie décennale de lutte contre le cancer 2021-2030, plan interministériel pour l’égalité entre les femmes et les hommes 2023-2027.

* Président de l’AIUS, **Co-Présidentes des JF3S 2024